Ben Raymond ?!
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Les nouvelles peuvent être imprévisibles. Ainsi, on apprend le décès inattendu de Raymond Buren, à l'âge de 77 ans, aux cliniques universitaires du Mont-Godinne en Belgique. Qui connaît vraiment cet homme né au Congo belge ? Pour ceux qui l'ont rencontré, il était bien plus qu'un simple gastronome. Raymond Buren était un érudit pétulant, auteur d'ouvrages qui ne figurent pas vraiment dans les best-sellers, mais que l'on peut être certain de retrouver dans les bibliographies dans un siècle. Ses titres, souvent humoristiques, font sourire : Le Cochon, histoire, symbolique et cuisine ou L'Art de braiser en plein air, sans oublier quelques petits fascicules aux contenus plus audacieux. Raymond, avec son humour contagieux, savait faire rire son entourage.
Un érudit aux multiples talents
Raymond Buren était une encyclopédie vivante. Il connaissait des détails fascinants sur le tabac de la Semois, le maitrank, un vin parfumé à l'aspérule odorante, et même sur les caprices de Pierre le Grand à Spa. Sa maîtrise du latin rivalisait avec sa connaissance du patois wallon. Avec une aisance déconcertante, il partageait des recettes de plats traditionnels comme le civet de lièvre à l’ardennaise. En dehors de la gastronomie, il avait une carrière de magistrat, ayant officié dans divers parquets au Congo et, après son retour en métropole, terminant comme premier substitut au procureur du roi en 1999.
Des souvenirs parisiens inoubliables
Raymond aimait rendre visite à Paris, où il séjournait dans un petit hôtel de la rive gauche. À chaque séjour, il prenait le temps de dîner dans de petits restaurants tout en partageant ses histoires inestimables. L'un de ces souvenirs me revient en mémoire. Nous étions à L'Avant-Goût et après avoir ouvert une bouteille d’un cornas exceptionnel, une mère tentait de faire goûter à son fils les plaisirs de la table, mais lui ne prêtait attention qu'à son téléphone. Face à cela, Raymond se leva avec une énergie contagieuse et s'adressa au jeune homme avec une passion qui faisait chaud au cœur. Et même sous des airs de légèreté, sa capacité à captiver était indéniable. Ce soir-là, il offrit un livre dédicacé à moi, ce qui sembla ravir la voisine qui, à juste titre, le qualifia d’écrivain. Sa voix douce et engageante me résonne encore aujourd'hui.







