Le brut nature, nouvelle étoile des amateurs de champagne
Le brut nature, caractérisé par l'absence de sucre ajouté, est devenue la nouvelle tendance incontournable pour les amateurs de champagne. Les maisons prestigieuses de champagne s'affrontent pour lancer leurs meilleures cuvées sur ce créneau en plein essor.
Le champagne est l'aboutissement d'un savant assemblage de cépages, de terroirs et d'années de récolte, sauf dans le cas des cuvées millésimées. L'assemblage ne résulte pas d'un choix aléatoire, mais d'une recherche minutieuse d'harmonies orchestrées par le chef de cave. Une étape clé de la production est le dosage, une liqueur composée de sucre et de vin ajoutée avant l'expédition des bouteilles. Cette opération nuance le type de champagne, le classant en brut, extra-dry, sec ou demi-sec.
Une évolution vers l'épure
Les réglementations stipulent qu'un champagne brut doit contenir moins de 15 grammes de sucre par litre. Cependant, en réponse à une demande croissante de pureté de la part des consommateurs, la plupart des maisons optent pour un dosage compris entre 8 et 12 grammes, considérés comme encore trop sucrés par certains. Ce constat a donné naissance à une nouvelle catégorie : l'extra-brut, qui ne doit contenir que moins de 6 grammes de sucre par litre, que ce soit par ajout ou résidu naturel après fermentation.
"Un vin vrai, franc et pur"
Laurent-Perrier a été pionnier dans la commercialisation de l'extra-brut en 1981. Bernard de Nonancourt, son président emblématique jusqu'en 1996, se remémore l'enthousiasme suscité par ce lancement, soulignant les éloges formulés par des experts gastronomiques. Néanmoins, le terme "brut nature" a émergé en 1996 sous la définition d'un champagne complètement dénué de sucre ajouté, avec un niveau de sucre résiduel en-dessous de 3 grammes par litre.
La faveur du brut nature
La popularité croissante du brut nature peut s'observer dans les ventes, bien qu'il soit difficile d'obtenir des chiffres précis pour la consommation nationale. En revanche, les chiffres d'exportation sont éloquents : de 34 926 bouteilles en 1996, la France a exporté près de 168 543 bouteilles en 2006, marquant une augmentation spectaculaire.
Anne Malassagne de la maison Lenoble souligne que le brut nature est davantage plébiscité en France qu'à l'étranger, un vin en phase avec les aspirations de naturalité des consommateurs. Ce changement de goût traduit une profonde éducation du palais, prouvant que cette tendance ne relève pas d'une simple mode.
La maison Gosset a récemment lancé un blanc de blancs Extra-brut qui entre dans le mouvement. D’autres maisons comme Pol Roger et Ayala multiplient également les innovations dans ce secteur. Quant à leur association avec les huîtres ou les poissons crus de la cuisine japonaise, c'est un mariage parfait, prouvant que le brut nature offre une expérience gustative inégalée.







