Une étude américaine récente examine notre perception des aliments « bons pour la santé » et le coût que nous sommes prêts à accepter pour les acquérir.
« Si c'est bon pour la santé, alors c'est cher. » Cette conviction, largement répandue, influence nos choix alimentaires. Voilà ce que propose de démontrer une étude publiée dans le Journal of Consumer Research par Rebecca Reczek et ses collègues. Ils ont réalisé plusieurs études pour explorer le lien entre prix et perception de la santé des produits.
Comprendre l'impact du prix
Dans une première expérience, les chercheurs ont demandé à des participants d'évaluer le coût d'un aliment inconnu en fonction de sa qualité nutritionnelle. Lorsqu'un produit, tel qu'une bouchée granola, était présenté comme ayant des bienfaits santé significatifs, il était perçu comme plus cher. En revanche, les petits déjeuners étaient jugés plus sains lorsqu'ils étaient proposés à un prix élevé.
Ces jugements influencent clairement les comportements d'achat. Lors d’une autre expérience, des volontaires ont demandé à un collègue de commander leur repas, en précisant s'ils souhaitaient une option saine ou non. Il y avait deux plats similaires à prix distincts, et les collègues ont tendance à choisir le plat le plus coûteux lorsque le volontaire a exprimé un intérêt pour la santé.
Les consommateurs sous influence
Dans une autre expérience, on a présenté une barre protéinée vantée comme « la barre protéinée la plus saine de la planète ». Les participants ont été répartis en deux groupes, devant évaluer cette barre à 99 centimes ou 4 dollars. Ceux à qui la barre était présentée comme très bon marché avaient tendance à lire davantage d'articles la concernant que ceux pour qui son prix était plus élevé. Rebecca Reczek souligne que les consommateurs ont du mal à accepter qu’un produit de qualité puisse être moins cher que la moyenne.
La dernière partie de l'étude démontre que des allégations santé peuvent accroître l'intérêt des consommateurs pour certains ingrédients. Les participants ont été exposés à des assortiments de fruits secs étiquetés « riches en vitamine A » ou « riches en DHA pour la santé des yeux ». Alors que la vitamine A est bien connue, le DHA l'est moins. Les résultats ont montré que les consommateurs estiment que la vitamine A est essentielle, quel que soit le prix, tandis que le DHA semble plus valorisé quand le produit est coûteux. La chercheuse précise que ces préjugés simplifient le processus d'achat, conduisant les consommateurs à croire qu'ils doivent payer plus pour mieux manger. Elle conseille d'évaluer les qualités nutritionnelles de chaque produit plutôt que de se fier à des stéréotypes liés au prix.







