Conseils pour repérer les bons crus
La recherche de bouteilles respectueuses de l'environnement et présentant de réelles qualités de garde est désormais à la portée de tous. Mais comment s'assurer de faire le bon choix ? Voici quelques conseils utiles pour trier le bon grain de l'ivraie.
Le vin bio, longtemps marginal, s'impose progressivement dans les tendances actuelles. Les bars à la mode proposent souvent des cartes constituées exclusivement de vins dits "naturels", tandis que la grande distribution commence à s'y intéresser sérieusement. Par exemple, le producteur languedocien Gérard Bertrand a lancé, en collaboration avec France Boissons, une gamme nommée "Biobon" destinée aux restaurateurs et cafés. Le guide Gault & Millau met également en avant des vins issus de cette culture, tandis que le "Guide vert de La Revue du vin de France" leur consacre une section entière. Aujourd'hui, ces bouteilles ont gagné leur place sur les tables, tant en France qu’à l'international.
Définition du vin bio
Entendons-nous sur le bio. Il est important de noter que le vin bio fait référence à la culture des raisins, non au processus de vinification qui peut varier. Pour simplifier, la mention "agriculture biologique" assure que les raisins sont cultivés sans pesticides, produits chimiques ou engrais artificiels. Cependant, une fois la récolte effectuée, le viticulteur est libre d'utiliser des pratiques non biologiques dans son chai. Bien que certaines associations, comme Nature et Progrès, aient établi des règlements pour garantir la qualité des vins, il n'existe pas encore de certification officielle uniforme. De plus, la biodynamie va encore plus loin en prenant en compte les cycles lunaires et l'utilisation de traitements naturels, comme des préparations à base de plantes.
Rôle du soufre dans le vieillissement
Le soufre, ingrédient indispensable au vieillissement. Contrairement à certaines affirmations, le vin naturel peut être de mauvaise qualité s'il ne contient pas de soufre. C'est un agent conservateur essentiel pour éviter une oxydation excessive. Historiquement, les Romains l'utilisaient déjà pour garder leur vin en bon état. Les normes de l'Union européenne autorisent une dose maximale de 160 mg/l pour les vins rouges et 210 mg/l pour les blancs. Les viticulteurs qui ajoutent des sulfites ont l'obligation d'en indiquer la présence, mais pas forcément la quantité. Dans le cadre de la biodynamie, les chiffres sont revus à la baisse avec seulement 80 mg/l pour les rouges et 90 mg/l pour les blancs, comme le préconise le pionnier Nicolas Joly avec sa cuvée de la coulée de Serrant.
Des vins qui méritent leur place en cave
Des bouteilles qui peuvent vieillir. Les vins bio produits par des viticulteurs expérimentés sont en mesure de vieillir correctement. Cependant, parmi la jungle des labels et ceux qui choisissent de ne pas afficher leurs efforts écologiques, il est crucial de connaître le vigneron et ses méthodes de production. Un talentueux vigneron comprend sa terre et parvient à créer des vins d'une grande qualité, sans avoir besoin de règles édictées par écrit. Des domaines renommés, tels que Piguet dans la Loire, Chapoutier dans la vallée du Rhône ou Lalou Bize Leroy en Bourgogne, produisent d'excellents vins en respect avec la nature, souvent sans le crier sur tous les toits. Prenez par exemple le célèbre romanée-conti, un pinot noir qui défie les années, ou le château Ausone, classé premier grand cru à Saint-Émilion, dont le vigneron, Alain Vauthier, applique des pratiques respectueuses de l'environnement en toute discrétion.







