Pour la première fois, une étude officielle de l'Anses, révélée par le Journal du Dimanche, établit un lien significatif entre les nitrites présents dans la charcuterie et le risque accru de cancer, en particulier le cancer du côlon.
Les additifs alimentaires E249 (nitrite de potassium), E250 (nitrite de sodium), E251 (nitrate de sodium) et E252 (nitrate de potassium) sont utilisés dans près de 12 000 produits en France, notamment dans certains jambons industriels. Des organisations comme Foodwatch, l'application Yuka et la Ligue contre le cancer dénoncent leur dangerosité potentielle depuis fin 2019.
Les recommandations de l'Anses
Dans un rapport attendu le 12 juillet, l'Anses met en lumière les dangers associés à ces conservateurs, qui donnent au jambon sa teinte rose. Le document, dont le Journal du Dimanche a obtenu des détails, souligne l'importance de réduire l'exposition de la population aux nitrites pour des raisons de sûreté sanitaire.
Selon l'OMS, environ 4 000 cas de cancers colorectaux en France pourraient être attribués à la consommation de charcuterie. Des recherches épidémiologiques récentes montrent que ces nitrites, bien qu'inoffensifs en eux-mêmes, peuvent devenir toxiques lorsqu'ils interagissent avec d'autres substances alimentaires.
État actuel de la législation en France
Démontant déjà les préoccupations, trois députés avaient plaidé en 2021 pour interdire progressivement l'usage de sels nitrités dans la charcuterie. Malgré des révisions, la "loi nitrites" adoptée le 3 février 2022 a fixé un calendrier : interdiction totale des additifs pour les produits non traités thermiquement à partir de 2023, et pour tous les produits de charcuterie d'ici 2025. Bien que des avancées aient été réalisées, de nombreuses associations jugent que les mesures ne progressent pas assez rapidement.
Les nitrites, un sujet crucial
Environ 76 % de la charcuterie sur le marché contient des nitrites, qui sont ajoutés pour éviter la prolifération de bactéries, notamment Clostridium botulinum, et pour améliorer l'apparence et le goût des viandes. Cependant, des études de la European Food Safety Authority (EFSA) préviennent que l'oxydation de l'hémoglobine et la formation de nitrosamines cancérigènes représentent des risques pour la santé.
Malgré l'évaluation de l'EFSA, la Ligue contre le cancer insiste sur le fait que les nitrites sont responsables de 4 000 nouveaux cas de cancers colorectaux chaque année en France. Cela soulève des préoccupations et appelle à une vigilance accrue envers la consommation de produits contenant ces additifs.
Sources : Rapport officiel de l'Anses, Le Journal du Dimanche du 10 juillet 2022, rapport de 2021 sur l'interdiction des additifs nitrités.







