Selon une récente étude menée par des chercheurs de l'Inserm, la consommation régulière de caféine pourrait avoir des impacts durables sur la santé du cerveau, et plus précisément sur les cellules de l'hippocampe, qui jouent un rôle crucial dans la mémoire.
La caféine est la substance psychoactive la plus consommée dans le monde, avec près de 80 % de la population mondiale en profitant. Ses propriétés stimulantes, telles que l'accroissement de la vigilance et de la concentration, expliquent sa popularité. Des études antérieures ont déjà mis en lumière des bienfaits pour la santé, notamment en réduisant le risque de décès prématuré et en offrant des bénéfices potentiels pour des maladies comme Alzheimer.
Une étude novatrice sur la consommation chronique
Publiée dans le Journal of Clinical Investigation, l'étude s'est concentrée sur les effets de la consommation chronique de caféine sur des souris. Les chercheurs ont souhaité aller au-delà des études antérieures qui se concentraient souvent sur des doses aiguës et éphémères, sans examiner les changements moléculaires intervenant après une consommation prolongée.
Les souris ont reçu une dose modérée de caféine, équivalente à deux à trois tasses par jour pour un humain, pendant une période de deux semaines. À l'issue de cette période, les scientifiques ont analysé les cellules de l'hippocampe, en étudiant le profil d'expression des gènes ainsi que les modifications chimiques des protéines liées à leur ADN.
Des résultats prometteurs pour la mémoire
Les résultats de l'étude montrent que la caféine laisse des traces moléculaires durable dans l'hippocampe. Les chercheurs ont constaté une augmentation significative de l'activité transcriptionnelle, indiquant un niveau d'expression des gènes beaucoup plus élevé chez les souris ayant consommé de la caféine régulièrement. "Cette augmentation de l'activité reflète l'engagement de l'hippocampe lors des tâches d'apprentissage. Les animaux ayant reçu de la caféine ont montré une réponse beaucoup plus forte à ces défis", affirme David Blum, l'un des principaux auteurs de l'étude.
Ces découvertes suggèrent que la caféine pourrait améliorer la transmission synaptique dans l'hippocampe, en jouant un rôle de facilitateur au niveau des mécanismes neuronaux et non neuronaux impliqués dans ces processus.







