Avec sa plume acérée, Stéphane Méjanès explore les stéréotypes de la critique culinaire dans son ouvrage publié aux éditions de l’Épure. Quels sont les différents archétypes ? L'occasion de plonger dans les arcanes de ce métier fascinant.
Dès ses débuts au XIXe siècle avec Alexandre Balthazar Grimod de la Reynière, célèbre pour son Almanach des gourmands, la critique gastronomique s'est enrichie de stéréotypes variés. "Grimod était un passionné, un glouton et même une sorte de diva de son temps," déclare Stéphane Méjanès en riant. En tant que journalisté chevronné, Méjanès s'est consacré à la critique culinaire depuis 2012 et a reçu de nombreux prix, dont le Prix Amunategui-Curnonsky en 2018. Dans son dernier livre Tailler une plume, croquons le critique gastronomique, il propose une satire bienveillante des différents types de journalistes qu'il a rencontrés.
Le contexte de l'écriture
Madame Figaro l'a récemment interrogé sur son processus d'écriture. "J'ai passé mes premières années à rencontrer les acteurs clés de la gastronomie, participant à des déjeuners de presse et observant attentivement les dynamiques de ce milieu. L'idée du livre est née d'une volonté de livrer un regard léger et satirique sur la critique gastronomique, tout en intégrant une dose d'autodérision, car le critique parfait n'existe pas !"
Les méthodes de travail des critiques gastronomiques
Pour un critique d'aujourd'hui, le processus débute par une enquête préalable sur les restaurants. Cela inclut des recommandations et des ouvertures récentes. Une fois sur place, l'attitude est cruciale : il faut rester curieux et empathique, en respectant l'expérience des restaurateurs. "Le repas est un moment festif et rituel, et il est essentiel d'être ouvert d'esprit," souligne Méjanès.
Équipement et approche rédactionnelle
Bien que certains préfèrent le papier, beaucoup utilisent leur smartphone pour noter et photographier les plats. "Je préfère discuter avec les chefs et connaître leur histoire, ce qui enrichit mon article. Je ne publie que sur les restaurants que j'apprécie vraiment,-si j'ai des suggestions, je préfère les faire en privé." Pour finir, il explique que le nombre de restaurants testés par semaine varie considérablement, la qualité de l'expérience étant plus importante que la quantité.
La nécessité de diversifier l'approche
Concernant le véganisme ou les allergies alimentaires, Méjanès avertit : "Un critique doit être capable d'évaluer l'ensemble d'un menu ; une restriction trop précise limite l'expérience." Dans cette optique, il s'interroge également sur le rôle des femmes dans le milieu, notant que la critique gastronomique au féminin est en forte progression, malgré des perceptions parfois biaisées.
Références :
1) Tailler une plume. Croquons le critique gastronomique, Stéphane Méjanès, collection Mise en appétit, éditions de l'Épure, 112 pages, 12 €.
2) 500 femmes qui font la différence dans les cuisines, Vérane Frediani et Estérelle Payany, éditions Nouriturfu, 296 pages, 20 €.







